Avez-vous déjà pris le train, ou le métro, ou le RER ou même le bus ? Avez-vous connu les joies de la promiscuité des transports en commun aux heures de pointe ? Le bruit des portes qui s’ouvrent et se ferment, celui de la rame et le brouhaha des voix et des gens en mouvement. Les corps qui se pressent et se bousculent, les odeurs de parfum pas toujours agréables, celles des gens à l’hygiène douteuse, les haleines de fumeurs et de buveurs. L’inertie dédaigneuse des gens qui refusent de se pousser un peu pour vous laisser entrer ou sortir. L’âpreté avec laquelle certains défendent le moindre centimètre carré de cet espace si chèrement conquis contre chaque tentative d’intrusion. Le sans-gène de certains… et la saleté chronique qui imprègne les vêtements de son odeur tenace.
Mais au-delà de cette réalité à peine caricaturale, vous êtes-vous jamais demandé qui sont tous ces gens ? Que deviennent-ils une fois que la rame, le wagon ou le bus les a relâchés ? Où et vers quelle vie se rendent-ils avec tant d’empressement?
Un temps, j’ai connu cette vie : les longues heures passées dans les transports matin et soir, comme la posologie d’un mauvais médicament. À prendre chaque jour le même train aux mêmes heures, on finit par avoir des habitudes : troisième wagon, près de la sortie et côté Est – j’aime le soleil du matin et dormir au frais le soir. Évidemment, beaucoup acquièrent ce genre d’habitudes, et on se retrouve chacun au même endroit sur le quai de la gare, toujours plus ou moins les mêmes, aux mêmes places dans le même wagon. C’est un peu comme les épisodes d’une série : d’un jour à l’autre les conversations se poursuivent, et si vous y prêtez un peu attention, vous apprenez beaucoup sur les gens qui vous entourent. Au point que parfois, quand certains manquent à l’appel, on s’interroge.
Alors, pour occuper ces longues heures, j’ai sorti mon cahier et mon stylo (toujours à portée de main dans mon sac) et j’ai imaginé …
Je vous livre donc ici quelques unes de ces histoires. Bonne lecture et bon voyage.